Deuxième round pour le Ministre Stéphane Le Foll, après sa lettre aux députés, voilà la note sur « les utilisations actuelles des néonicotinoïdes, les (soi-disant) alternatives à ces produits, et proposition de rédaction de l’article 51 quaterdecies du projet de la loi relatif à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ».

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Ce qui nous intéresse ici, ce sont les « alternatives » proposées. On parle d’un document d’Etat qui doit normalement essayer de prendre toutes les solutions et les soumettre en âme et conscience. Eh, bien, vous allez être surpris car pas une alternative durable n’est proposée. Les seules alternatives sont chimiques, uniquement chimiques. Rappelons que ces méthodes chimiques provoquent la disparition massive des abeilles et pollinisateurs qui assurent la reproduction de 80% des espèces florales sur terre, 35% de la production alimentaire mondiale et 65% de notre diversité alimentaire. Disons également que ces fameux pesticides massacrent financièrement les agriculteurs quand ils ne tuent pas littéralement et directement. Attendez, toutes ces substances, ne finissent-elles pas dans notre eau, notre air et nos assiettes ? (Celles de nos cantines scolaires aussi…). M. Le Foll nous fait croire qu’il n’existe aucune alternative à tout cela.

Quand parlerons-nous de la vieille technique qu’on appelle rotation des cultures ? Elle permet de casser en partie le cycle de vie des ravageurs et des adventices. Quand parlerons-nous de la lutte biologique qui consiste, comme dans une armée, à avoir des auxiliaires locaux qui connaissent mieux l’ennemi ou le terrain que nous. On parle, bien entendu d’insectes dits utiles qui sont des prédateurs des ravageurs. Par exemple, pour la culture du maïs on connaît le Trichogrammes. C’est une guêpe qui pond dans les pyrales, une chenille qui ravage les cultures en question. En troisième, méthode on peut aussi replanter des haies et des arbres pour recréer des biotopes favorables aux prédateurs et pas un open-bar pour insectes gourmands. Et la polyculture qui permettait une biodynamie naturelle que tente aujourd’hui de recréer la permaculture avec des savoir scientifiques qui confirment les pratiques anciennes et les enrichissent : ne fait-elle pas toujours plus la preuve de son efficacité économique ?

Voilà quelques exemples qui sont totalement absents. En fin de compte, les alternances en matière agricole se suivent et se ressemblent plus ou moins : le seul ministre de l’agriculture depuis plusieurs décennies semble être M.Pétrochimie. Les députés sauront-ils résister aux ordre de Matignon et de l’Elysée ? Nous rassureront-ils sur un minimum de bon sens et d’esprit d’intérêt collectif dont ils seraient capable ? Car demain, ce sont bien les contribuables français qui paieront le désastre agricole et sanitaire s’il advient. Et pendant ce temps, M.Pétrochimie se reposera sur son matelas de billets.

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