L’interdiction du glyphosate, principe actif du célèbre Roundup de Monsanto, on en entend parler depuis plus d’un an. Et entre les multiples échéances évoquées pour son interdiction et les différents rapports scientifiques qui ont été publiés, on est un peu perdu. Une petite rétrospective s’impose, alors à vos agendas « petits chatons trop mignons dans un panier » que l’on s’y retrouve. 😉 (Source : Le Monde)

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En hiver, on tire la sonnette d’alarme

Novembre 2015 : l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) établit que le glyphosate a une cancérogénicité « improbable ».

Mars 2015 : Une  centaine de scientifiques publie un article dénonçant l’expertise de l’EFSA. De plus, le Centre National de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’Agence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe le glyphosate comme « probablement cancérigène » pour l’Homme. L’EFSA et le CIRC entrent en conflit. Aujourd’hui les ponts sont quasiment rompus entre les deux agences, un fait inédit dans l’histoire récente de l’expertise scientifique.

Décembre 2015 : la Cours de Justice de l’Union Européenne condamne l’exécutif européen pour avoir échoué à réglementer les pesticides perturbateurs endocriniens

Février 2016 : le médiateur européen critique l’autorisation faite par Bruxelles de certains pesticides sur le marché malgré l’absence de données scientifiques requises par la réglementation.

 

Un printemps maussade

8 Mars 2016 : la Commission Européenne propose la réautorisation du glyphosate pour 15 ans mais cela n’a pas été retenu par le comité permanent des Etats membres, faute de majorité qualifiée.

13 avril 2016 : Le Parlement Européen demande un renouvellement de l’autorisation de vente du glyphosate sur le marché pour 7 ans, avec des restrictions d’usage.

16 mai 2016 : Joint Meeting on Pesticides Residus (JMPR), un groupe d’expert communs à l’OMS et la FAO rend un rapport concluant que le glyphosate ne présente pas de risques cancérigènes pour la population « au niveau attendu d’exposition par l’alimentation ». Les organisations non gouvernementales dénoncent ce résultat, en dénonçant des conflits d’intérêts au sein du JMPR.

19 mai 2016 : Bruxelles essaye cette fois ci de réautoriser le principe actif pendant 10 ans, mais là non plus ça ne passe pas : la Suède, la France, les Pays-Bas et l’Allemagne n’ont pas voté favorablement.

1er juin 2016 : La Commission Européenne annonce en conférence de presse qu’elle proposerait une réautorisation du glyphosate en Europe pour 18 mois, le temps pour l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) de se prononcer sur les dangers du produit.

6 juin 2016 : La dernière proposition de la Commission Européenne sera votée par les Etats membres. Même si Bruxelles assure avoir rassemblé une majorité des Etats membres autour de sa dernière proposition, un comité d’appel sera réuni dans les jours suivants si cette nouvelle proposition n’est pas adoptée. En effet, fin juin, la dernière autorisation au commerce du glyphosate prendra fin. Du coup, le temps presse.

 

Tout au long de ces évènements, la société civile a montré son opposition au glyphosate par des sondages réalisés au niveau européen concluant que près des deux tiers des personnes interrogées étaient contre le maintien de cette substance en Europe. De plus des analyses d’urines ont montré que l’ensemble de la population était exposée au glyphosate et de nombreuses plaintes ont été déposées à Paris, Berlin, Vienne pour tromperie et mise en danger de la vie d’autrui.

Mais l’Europe en a décidé autrement, et malgré les conclusions du CIRC ainsi que l’avis d’une part importante de la population, elle souhaite autoriser l’utilisation du glyphosate pour les 18 mois à venir. Pourtant, ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ? Surtout quand il n’existe pas de remède au cancer et à la perte de biodiversité que cette substance entraine.