Le Parlement Européen a voté, le mercredi 13 avril, le renouvellement pour 7 ans l’autorisation de commercialisation du glyphosate, le principe actif du célèbre Roundup de Monsanto alors que le texte initial de la résolution demandait à la Commission de ne pas renouveler son approbation. Ce revirement a été lancé par l’eurodéputée française Angélique Delahaye, du Parti Populaire Européen (PPE). Pour celle-ci, « il y a une attente des citoyens mais, à ce jour, il n’y a pas d’alternative économique viable et garantissant la santé humaine à proposer aux agriculteurs en terme de désherbage ». (Le Monde ; Politis)

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Cette phrase, bien qu’elle soit choquante, permet de soulever les trois principaux problèmes qu’entraine cette autorisation de continuer à vendre du glyphosate en France : problèmes économiques, de santé publique et de démocratie.

Avec cette autorisation de commercialisation de glyphosate, le Parlement cède aux pressions de l’agro-industrie, qu’il rend encore plus forte. A croire qu’il n’y a que la chimie et les pesticides qui puissent rendre l’agriculture prospère (alors même qu’elle ruine les agriculteurs) : quand parle-t-on de l’agriculture biologique et des agriculteurs européens qui utilisent les mécanismes de la nature pour travailler avec elle (permaculture, biodynamie ou encore, agriculture traditionnelle) ?

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a bel et bien classé le glyphosate comme étant un produit chimique dangereux et « probablement cancérigène ». Les eurodéputés, en votant cette autorisation malgré cette mise en garde, laissent la porte grande ouverte au développement de maladies chez leurs concitoyens de tout le continent. Afin de calmer les ardeurs citoyennes, les eurodéputés ont décidé de ne pas autoriser cette substance pour les collectivités locales et les particuliers, mais de continuer sa commercialisation dans le monde agricole. Une manière peu habile de calmer l’opinion publique : les glyphosates ne seront plus sur les trottoirs et dans les jardins mais resteront dans nos assiettes, nos verres, nos cantines et toute notre alimentation. Mais après tout, s’y à s’empoisonner on gagne une économie florissante (ou pas), pourquoi pas… ?

Plus alarmant encore, les eurodéputés continuent à faire fi de l’opposition des citoyens contre ce projet. En effet, une pétition déposée par Avaaz a recueilli près d’un million et demi de signature en faveur de l’interdiction de ce produit et un sondage réalisé par YouGov, à la demande de l’ONG allemande Campact indique, quant à lui que les deux tiers des habitants des cinq plus grand pays de l’Union européenne sont opposés au renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Mais après tout, la démocratie, ça va bien deux minutes.

Pour résumer, il n’est pas du pouvoir du citoyen européen d’interdire un produit dangereux pour la santé humaine, fusse-t-il destructeur pour l’agriculture sur notre continent. Le véritable semble donc bien appartenir aux grands groupes agrochimiques. A moins que la Commission Européenne et ses experts ne décident dans quelques semaines d’aller à l’encontre de la décision du Parlement Européen. Affaire à suivre…