Vous vous souvenez ? Le 5 novembre 2015, un barrage minier s’est rompu à Mariana, une ville de l’Etat de Minas Gerais, dans le Sud-Est du Brésil. Cette catastrophe a causé la mort de 19 personnes et a fait plus de 50 blessés. Au moment des faits, les médias ont relégué l’information par des vidéos, des articles mais actuellement c’est le silence radio. Alors où en est-on et qu’est ce qui a été fait suite à la plus grande catastrophe environnementale connue par le Brésil ? Il est temps de faire le bilan. (sources : Le Monde, BBC, Reporterre, The telegraph)

barrage bbc

(Source image BBC)

La rupture d’un barrage au Brésil vous dites ? Petit rappel !

Le barrage de Marina a été construit pour l’extraction de minéraux et de pierres semi-précieuses. La rupture du barrage a entrainé une gigantesque coulée de boue qui a englouti plusieurs villages, dévastant 1469 hectares de végétation et déversant dans l’environnement 34 millions de mètres cubes de déchets miniers mêlés à l’eau . La boue s’est écoulée jusque dans la mer, tuant au passage les animaux, s’infiltrant dans les sols, asphyxiant les poissons, menaçant les coraux et des espèces rares de tortues. En quelques heures, cette catastrophe a effacé des lieux de vie et d’histoire de la carte. La preuve en image :

Avant aprè2 

 

L’enquête sur le comment et le pourquoi de cette catastrophe

En février 2016, les causes de rupture de ce barrage étaient encore obscures. Certains parlaient de négligence dans l’entretien de ces infrastructures comme l’ingénieur Joaquim Pimenta, consultant pour le groupe minier Samarco, qui disait avoir informé l’entreprise du risque de rupture du barrage : aucune action n’avait été mise en place. D’autres évoquent une possible secousse sismique, un scénario qui a ensuite été écarté. Des études plus approfondies ont fait état d’une surcharge du barrage.

L’enquête sur les causes réelles de la catastrophe étant encore en cours, la colère des organisations non-gouvernementales se fait sentir. Nilo d’Avila, coordinateur de Greenpeace au Brésil dénonce le manque d’objectivité de la classe politique. En effet, les entreprises minières financent leurs campagnes et les partis politiques. De plus, il a été dévoilé que les personnes en charge de l’inspection des barrages n’avaient pas les compétences nécessaires en ingénierie pour juger de leur solidité, et qu’ils étaient en sous effectifs, avec 4 fonctionnaires pour 700 sites.  D’autres barrages, eux aussi défaillants et mal entretenus, pourraient donc céder…

Des citoyens ont également pointé le manque d’informations pour les populations locales sur les risques encourus près de ce barrage : elles n’ont pas été alertées lors de la catastrophe. 

 

Quelles mesures contre Samarco ?

En mars 2016, la cause de cette catastrophe reste l’objet d’une enquête externe. Toutefois, un rapport initial réalisé par les autorités brésiliennes affirme que c’est une série d’échecs autour de l’entretien du barrage qui a provoqué son effondrement et le manque d’informations envers les populations sur les risques encourus. Les autorités brésiliennes ont donc accusé Samarco « d’homicide involontaire ».

Alors que l’enquête sur la responsabilité de l’entreprise dans les dégâts humains et écologiques causés par cette catastrophe est encore en cours, chaque partie prenante est en train d’essayer de faire valoir ses intérêts. Depuis plusieurs mois, peu d’informations sont retransmises en France sur ce sujet, pourtant exceptionnel dans son ampleur et à l’image des problèmes humains et environnementaux actuels.

Il a été décidé que Samarco par l’Etat brésilien verserait jusqu’à 2,3 milliards de dollars pour financer un projet de fondation pour restaurer l’environnement local qui a été dévastée par les inondations et pour indemniser les populations sinistrées. Mais à l’heure où la classe politique brésilienne est emportée par un scandale de corruption de grande ampleur, cette même question revient et agite la société civile : « peut-on tout réparer, peut-on tout vendre ou  tout acheter avec de l’argent gagné à détruire le monde ? »