Loi biodiversité, les abeilles devront attendre

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La loi sur la biodiversité a été votée par les députés jeudi 23 juin et doit passer en lecture finale le 18 juillet. Cette loi voit le jour 40 ans après la loi sur la protection de la nature de 1976. Cette loi devait pour beaucoup marqué un tournant sur la prise en considération de la Nature en France. Et pourtant, nous en sortons plutôt déçus avec une forte présence des lobbies de l’agriculture intensive et des industriels de l’agrochimie dans les débats (Le Monde).

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Abeilles tuées par des pesticides (source)

L’avancée la plus importante de cette loi est l’inscription dans le code civil du préjudice écologique. Cela signifie qu’en cas d’atteinte à l’environnement, celui-ci devra être remis en état ou des paiements de dommages et intérêts devront être effectués, selon le principe de pollueur-payeur. De plus, le principe de non régression du droit à l’environnement a été mis en place. Désormais, « la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante ».

Pourtant, de nombreux autres articles de cette loi ne sont pas assez poussés pour entrainer de réels changements dans la prise en compte de l’environnement.

Tout d’abord, une Agence française pour la biodiversité (AFB) verra le jour afin de coordonner les politiques en faveur des milieux naturels. Cependant, cette agence ne regrouperait que 4 structures qui sont l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA), l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires maritimes protégés et les Parc nationaux. En seront donc exclus l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et l’Office National des forêts (ONF). Une réelle cohérence de gestion des espaces naturels entre les différents acteurs publics du territoire ne verra donc toujours pas le jour.

Nous pouvons également être déçus sur le sort réservé aux néonicotinoïdes. La substance sera interdite à partir du 1er septembre 2018 sur l’ensemble des cultures, mais avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020. Autant dire que ces molécules seront autorisées jusqu’en 2020, laissant le temps aux industriels de l’agrochimie de créer une nouvelle substance pour les remplacer…

Les politiques ont donc décidé de prendre leur temps sur l’interdiction des néonicotinoïdes, mais aussi sur la taxation de l’huile de palme. En effet, cette huile est actuellement moins taxée que l’huile de tournesol ou de colza, alors que sa production provoque une déforestation à grande échelle. Une taxe sur ce produit devait donc être mise en place. Mais les 2 plus gros producteurs d’huile palme du Monde n’étant pas d’accord, les députés ont adopté un amendement qui prévoit de revoir cela d’ici 6 mois.

Cette loi ne va donc pas au cœur des choses, remettant à plus tard de nombreux problèmes qui détruisent notre environnement. Les lobbies ont une voix importante dans la création de loi, à nous de faire entendre celle des abeilles et de la Nature, pour que l’Homme et nos butineuses puissent vivre ensemble, et pour longtemps !

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