Le lundi 25 juin 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses)  a publié un rapport intitulé « Expositions professionnelles aux pesticides en agriculture » (lien pour lire le rapport central). Ce dernier a suscité de vives tensions entre la direction de l’Anses et les experts mandatés pour l’établir. L’Anses, créée en 2010, a des missions de veille, d’expertise, de recherche et de référence dans la santé humaine, la santé, le bien-être animal et la santé végétale. Elle assure également l’évaluation avant mise sur le marché des pesticides, biocides et produits chimiques. (Le Monde , conclusions)

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Ce rapport en 7 volumes et près de 1000 pages est un bilan sur les dangers de l’exposition des travailleurs agricoles aux pesticides. Il évoque également les risques pour les populations et le manque d’informations et de transparance dans le processus d’autorisation des pesticides. La rédaction de ce rapport ne s’est pas faite sans frictions car ce sont des experts de l’Anses qui sont chargé d’évaluer les risques des produits avant qu’ils soient mis sur le marché, qui se sont attelés à la tâche.

 

Des divergences internes

L’élaboration de ce document a dû traverser de nombreux obstacles et a mis 5 ans à être élaboré, sa publication ayant été maintes fois repoussée. Il est le fruit du travail de 15 chercheurs de plusieurs disciplines comme des toxicologues, des médecins ou des sociologues. Toutefois certains de ses experts ont annoncé peu avant la publication de ce rapport, ne pas être d’accord avec celui-ci créant une controverse nuisible à sa crédibilité. Ces blocages ont étonné un grand nombre d’expert, dont Onil Samuel, toxicologue de l’Institut National de santé public au Québec : «  j’ai été très surprise, comme d’autres, de voir une opinion divergente surgir après la finalisation du rapport ». Le Comité de déontologie de l’Anses a donc dû s’en mêler.

Ce manque de cohérence dans le discours des participant à ce rapport inquiète les ONG qui y voient un moyen de mettre en doute le sérieux de ce rapport, pourtant fort attendu. De plus, ces organisations sont furieuses de ne pas avoir été convié à une restitution du rapport, en présence des auteurs. Ils y voient une façon de vouloir enterrer le texte et qu’ils perdent importance et crédibilité.

 

Les conclusions de l’Anses

Ce rapport fait ressortir 2 problèmes majeurs : les études sur les pesticides sont le plus souvent faites ne sont pas objectives et les mesures mises en place pour protéger les agriculteurs sont inadaptées et insuffisantes. En effet, les études réalisées sur la dangerosité des pesticides sont souvent faites par des organismes non indépendants, qui ont un intérêt économique direct ou indirect dans la vente de pesticides. D’ailleurs, il n’existe pas d’organisation en France en charge de produire des données relatives aux dangers de l’exposition aux pesticides. De plus, les équipements recommandés afin de diminuer les risques lors d’exposition à des pesticides ne sont que des brides de solutions individuelles, ne pouvant être appliquées à l’ensemble de la population. Les formations aux dangers, aux risques et à la sécurité d’utilisation sont insuffisantes. 

 

Que vous soyez agriculteur ou citoyen, les conclusions de ce rapport vous concernent car chaque jour, nous sommes exposés à des pesticides de façon plus ou moins direct. Prendre soin de nous, c’est prendre soin de la nature. En espérant que ce rapport face réagir le plus grand nombre sur les dangers des pesticides pour le vivant.