Le site scientifique Techno-Science.net revient sur une étude pour le moins originale effectuée par un groupe de neurophysiologistes ayant révélé les véritables effets des insecticides sur l’organisme de l’abeille. 

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Le professeur Mohamed Chahine a su mettre ses connaissances en matière de neurophysiologie au service de l’abeille. 

 

Etudier le corps humain afin d’en apprendre davantage sur celui de l’abeille ; l’idée peut paraître saugrenue aux premiers abords. C’est pourtant en approfondissant cette réflexion qu’une équipe de neurophysiologistes de la Faculté de médecine et de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) est parvenue à évaluer les effets toxiques des insecticides sur l’organisme de nos chères butineuses. S’appuyant sur ses connaissance aiguisées du systême nerveux, le groupe de chercheurs a ainsi pu mener à bien son expertise en établissant notamment un lien entre les canaux ioniques de l’homme et de l’abeille ; des canaux principalement visés par les insecticides, qui peuvent dès lors entraîner le dysfonctionnement de certains organes chez les nuisibles. L’objectif de cette étude était alors de déterminer si ces produits avaient des répercussions similaires sur l’abeille et les insectes habituellement ciblés. Pour ce faire, les scientifiques ont introduit le gêne du canal sodique de l’abeille dans un oeuf de grenouille dans le but de disposer « d’une grosse cellule dont la membrane contient des canaux sodiques de l’abeille, ce qui permet d’évaluer l’effet d’un insecticide sur ces structures » comme le récapitule l’un des chercheurs. Disponibles en seulement quelques jours grâce à ce procédé, les résultats des différents tests ont démontré que l’usage d’insecticides était aussi néfaste pour les insectes nuisibles que pour nos petites protégées, un constat qui espérons-le convaincra les plus sceptiques de la contribution des produits toxiques au déclin de l’abeille.