Réunie en comité technique lundi dernier, la Commission européenne n’est pas parvenue à faire accepter la réautorisation provisoire du glyphosate par la majorité de ses États membres. Bien qu’il s’agisse là d’un véritable échec pour l’instance, celle-ci pourrait néanmoins se tourner vers d’autres moyens pour parvenir à ses fins…

 

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Comme nous vous l’annoncions dans un précédent article, les États membres se réunissaient lundi dernier afin de voter ou non la réautorisation provisoire du glyphosate en Europe (son interdiction prendra effet le 30 juin prochain). Souhaitant rallonger cette autorisation de dix-huit mois, la Commission européenne ne recueillit cependant que 52% d’avis favorables à cette décision, un score bien en-dessous des 65% requis dans de telles circonstances. A l’origine de ce résultat, le vote contre de Malte, mais surtout l’abstention de sept pays, dont l’Autriche, le Portugal, et évidemment la France. « Il était plus difficile de rassembler sur un vote contre plutôt que sur une abstention. (…) Il fallait aussi prendre acte des avancées de la Commission, qui ne propose plus qu’une ré-autorisation de douze à dix-huit mois, alors qu’elle proposait quinze ans il y a quelques mois », déclara notamment la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, après le vote.

Essuyant ainsi un nouvel échec, la Commission européenne n’entend pas se décourager pour autant. Cette dernière pourrait en effet passer en comité d’appel pour prendre la responsabilité d’une réautorisation provisoire du glyphosate, et ce indépendamment du vote effectué lundi. Quand bien même elle comprendrait diverses restrictions, cette réautorisation constituerait un véritable pied de nez aux États ayant montré leur désaccord sur la question, et viendrait en outre déstabiliser encore un peu plus l’exécutif européen. Interdit pour l’heure, le glyphosate n’a donc pas fini de semer la zizanie au sein des instances politiques du Vieux Continent.