Echappant jusqu’alors aux réglementations soumises aux organismes génétiquement modifiés « première génération », les « nouveaux OGM » attisent l’inquiétude et même la colère de certaines associations. Preuve en est, la récente manifestion organisée devant l’école AgroParisTech à Paris, où devait se réunir une assemblée décidant du sort de ces derniers. (Source : Le Monde)

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D’après la définition dela directive européenne 2001-18, un OGM est un « organisme, à l’exception de l’être humain, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Concrètement, un OGM dit « classique » est le fruit d’une transgenèse. Ce procédé consiste à prélever un gêne sur un organisme A, pour ensuite l’introduire dans le génome d’un organisme B afin de lui octroyer une propriété particulière comme par exemple, résister à certains herbicides. Les OGM sont cependant réglementés au niveau européen et les aliments en contenant plus de 0,9% doivent obligatoirement être étiquetés comme tels. Une contrainte qui aujourd’hui ne s’applique pas à la nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés…

Appelés « NPBT » pour « New Plant Breeding Tecniques », ces OGM 2.0 sont le fruit d’une nouvelle technique de mutation du génome : la « mutagenèse ». Cette technique consiste à sélectionner les gènes mutants répondant aux qualités recherchées après avoir provoqué des mutations ciblées sur le génome d’une plante. Ayant vu le jour après les réglementations mises en vigueur pour leurs prédécesseurs, les NPBT ne sont aujourd’hui soumis à aucune procédure d’évaluation des risques, aucun étiquettage et aucun suivi. Leur cas interroge néanmoins la Commission européenne, qui souhaite s’appuyer sur les avis des gouvernements de ses États membres pour définir quelles mesures mettre en œuvre pour ces nouveaux OGM. Concernant la position de la France, celle-ci repose en grande partie sur les travaux du Haut conseil des biotechnologies (HCB), un organisme créé en 2009 dédié à l’expertise des nouvelles technologies.

Mais son action ne plaît pour l’heure pas à tout le monde. C’est pourquoi une manifestation « anti-nouveaux OGM » s’est tenue le mercredi 6 avril devant l’école AgroParisTech, où devaient se réunir, en assemblée plénière, les membres du HCB. « Devaient se réunir », car ladite réunion ne put avoir lieu en raison de la manifestion, orchestrée par pas moins de huit associations. Collaborant il y a encore quelques semaines avec le HCB sur les nouvelles techniques de modification génétique, les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération nationale de l’agriculture biologique, France nature environnement, Greenpeace, le Réseau semences paysannes, l’Union nationale de l’apiculture française et l’Association de consommateurs Cnafal protestaient ainsi contre « la falsification de l’expertise scientifique officielle » et « les OGM cachés », les fameux NPBT. D’après ces associations, tous types d’OGM, qu’ils soient issus d’une transgenèse, ou d’une mutagenèse, devraient être soumis aux mêmes réglementations afin d’informer et donc protéger correctement le consommateur. Une mesure de sécurité qui n’est malheureusement pas d’actualité, de quoi ravir l’industrie agrochimique et dénaturer un peu plus le contenu de nos assiettes.