Avez-vous une petite idée de ce qu’est une externalité négative ? Si vous ne savez pas, ce n’est pas grave, on va tenter de prendre une belle réussite française.

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Une externalité négative, c’est le coût écologique ou social de l’implantation d’une activité. Selon le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), dans un article du journal Le Monde, la somme totale induite par notre modèle agricole intensif s’élèverait à « plusieurs milliards d’euros ». Et ce sans compter les dépenses de santé qui sont liées à l’exposition des produits consommés par notre agriculture. Le rapport gouvernemental vient s’ajouter à longue liste des dénonciations qui pointent du doigt la fausse affirmation qui veut que l’agriculture française produise une nourriture peu chère.

La journaliste du Monde continue et explique que la « ferme France » a consommé 2.2 millions de tonnes d’engrais en 2013 et que sur cette somme 1.5 millions de tonnes ont été utilisées en surdose. Les pertes sont énormes et se dispersent contaminant les airs et les eaux du pays. Pour les nitrates le constat est le même une trop grande consommation amène un gaspillage couteux. Le rapport stipule que le protoxyde d’azote (N2O) « constitue près de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre. » Selon le journal Le Monde ce gâchis couterait entre 900 millions d’euros et 2.9 milliards, dont « 220 millions à 510 millions d’euros en traitements supplémentaires pesant sur les services chargés de l’eau potable et de l’assainissement ».

Vous vous en doutez, les pesticides ont aussi leur place… En ce qui les concerne, on peut relater qu’en certaines périodes de l’année, 80 substances peuvent être en suspension dans le ciel de la capitale. 63% des points de contrôle des eaux souterraines sont contaminés et 93% des eaux de rivières le sont aussi, et dans la majorité des cas, par au moins une dizaine de pesticides, affirme la journaliste. Une donnée pourrait nous rassurer, mais même pas. En effet, le tonnage de la consommation de produits phytosanitaires a diminué entre 1999 et 2011, passant de 120 millions de tonnes à 63 millions (un peu moins d’une tonne par habitant au passage…). Mais attention, comme on vous l’a dit, on ne peut pas se réjouir de cette baisse, car les matières actives qui font l’efficacité des produits phytosanitaires sont aujourd’hui beaucoup plus puissantes qu’avant… Plus petit, mais plus fort !

Les ravages sur la biodiversité sont énormes, la faune aquatique et les pollinisateurs sont les premiers touchés et quid de la micro faune du sol ? Le rapport du CGDD n’en parle pas selon Le Monde, les morts pour le moins cher dans notre assiette ne font même pas partie de l’addition pour calculer ces fameuses EXTERNALITÉS NÉGATIVES.

On passe à la caisse dans 10 ans, ou bien on arrête les frais ?