Un article du Monde dresse le contexte agricole actuel du Brésil. Aujourd’hui champion du monde de la consommation de pesticides, le pays de l’ordre et du progrès a néanmoins changé quelques-unes de ses habitudes en matière de culture ces derniers temps, découvrant tardivement les bienfaits du bio. 

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Allez souris petit, le bio arrive ! 

Le Brésil est aujourd’hui le premier importateur et consommateur de pesticides. A l’origine de cet inquiétant constat, la politique agricole mise en place par le pays auriverde qui, depuis 2003, favorise l’agriculture intensive à travers l’autorisation des cultures OGM. A l’époque, la culture transgénique et les pesticides étaient vus comme l’avenir. Les mentalités ont cependant évolué depuis. Grâce aux médias, la population est désormais consciente des conséquences néfastes de l’industrialisation de son agriculture, notamment concernant son impact sur les produits alimentaires du quotidien. Ainsi, d’après une étude, 31% des fruits et légumes vendus dans l’Etat de Sao Paulo contiendraient de hautes doses de pesticides, les rendant par conséquent impropres à la consommation. Le chiffre atteindrait même les 90% pour le poivron, rien de rassurant donc. Pourtant, aucune sanction n’a encore été attribuée par les diverses autorités sanitaires. Petit à petit, le Brésil s’empoisonne, sans que personne ne s’y oppose concrètement. Même le gouvernement demeure impassible face à l’augmentation croissante des cancers, engendrés principalement par la pulvérisation de produits chimiques dans les cultures. A la tête du ministère de l’agriculture, Katia Abreu, surnommée la « Reine de l’agrobusiness ». Tout est dit. Seul le ministère du développement agraire tente comme il le peut d’inverser la tendance, et encourage le pays à adopter un comportement plus responsable. Certaines mesures ont ainsi été instaurées dans l’optique de récompenser les agriculteurs qui privilégient le respect de la nature et des saisons, tout en minimisant leur usage des pesticides. Désormais, l’avenir, c’est l’agroécologie. Et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, comme le prouve la ferme de « Santa Adelaïde », à une centaine de kilomètres de Sao Paulo. Là-bas, pastèques, bananes, navets et autres betteraves jaunes sont cultivées sans aucun produit chimique. Ce n’est pas pour autant que sa production n’est pas florissante. Preuve en est avec les quelques 234 000 euros de chiffre d’affaire réalisés par l’exploitation bio cette année. Bien que le bio ne représente actuellement qu’un pourcent de l’agriculture brésilienne, les mentalités changent, et c’est ça le plus important. Laissez la nature reprendre ses droits, elle vous le rendra.