L’histoire de Paul François, rapportée dans un article du Monde, nous montre que nos tribunaux peuvent encore exercer la justice, même face aux géants de la pétrochimie : ce jeudi 10 septembre 2015, la cour d’appel de Lyon a donné raison à l’agriculteur qui attaquait le géant Monsanto pour les préjudices causés à sa santé. Une première.

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Thibaud Moritz (AFP)

Pour la première fois en France, un fabricant de pesticides  est condamné pour avoir intoxiqué un agriculteur. La lutte aura été longue pour Paul François, foudroyé par les produits de Monsanto en 2004, gravement diminué par des lésions cérébrales mais suffisamment fort pour attaquer la firme américaine en justice à partir de 2007. La MSA (Mutuelle Sociale Agricole) mettra des années à reconnaître son intoxication comme cause de son invalidité. Victime du Lasso, produit dont la toxicité est à peine indiquée alors même qu’il a été interdit au Canada, en Belgique et au Royaume-Uni dès les années 80-90’s, Paul François raconte sa prise de conscience, lui qui a été élevé au sein de la génération « tout pesticide », et pour qui les phytosanitaires apparaissaient comme du « pain béni ». Sa victoire juridique contre Monsanto en 2015, épilogue d’un long combat juridique, est plus qu’une reconnaissance pour l’agriculteur : elle est le signe que les travailleurs de la terre peuvent aujourd’hui dire non aux semeurs de mort. Toujours actif aujourd’hui malgré les problèmes de santé, Paul François est aujourd’hui en pleine phase de conversion à l’agriculture biologique, bien décidé à « remettre du vivant dans le sol ». Une bonne nouvelle pour la vie, les êtres humains et les abeilles.