Le constat est révoltant : l’usage des néonicotinoïdes n’est toujours pas interdit par le Sénat, qui préfère se contenter d’un simple encadrement de leur utilisation. Assez pour satisfaire ses détracteurs ? Non. Bien évidemment…

pesticidesmortels

Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la biodiversité, le Sénat se penchait le mois dernier sur l’autorisation de l’usage des néonicotinoïdes, substances toxiques qui, comme nous l’avons mentionné dans des articles précédents, s’avèrent extrêmement néfastes pour la faune. De cette concertation à résulté l’adoption d’un ammendement visant à encadrer l’utilisation de ces pesticides. Voté à une très large majorité (298 voix pour, 15 voix contre), cet ammendement prouve que les élus ont désormais pleine conscience de la nocivité des néonicotinoïdes sur l’environnement. Une avancée « formidable » pour la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal (par ailleurs non-affectée par le remaniement ministériel), qui voit là une « progression énorme ». Une progression énorme ? Non Ségolène. Car là où l’on pourrait faire un grand pas en avant dans la lutte contre l’usage d’un véritable poison, les sénateurs, eux, titubent à cloche-pied. En effet, la seule chose à retenir de ce vote demeure le fait que le Sénat est tout simplement contre l’interdiction totale des néonicotinoïdes, et ce malgré les nombreuses études pointant du doigt leur dangeurosité. Pis, plus récemment, le 4 février dernier, une proposition de résolution écologiste demandant un moratoire sur ces pesticides a été rejetée par les sénateurs. Celle-ci invitait le gouvernement à agir auprès des autorités européennes afin d’interdire toutes les utilisations de ces substances actives et ce « tant que les risques graves pour la santé humaine , animale et l’environnement ne seraient pas écartées ». Une proposition sage, raisonnable et nécessaire pourtant… Les cris d’alarme lancés depuis un plusieurs années ne suffisent ainsi toujours pas. Un constat malheureux qui engendre aujourd’hui la colère des associations protectrices de l’environnement. D’après la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), il s’agit là d’un « déni scientifique et démocratique). Même son de cloche pour la Fondation Nicolas Hulot, qui prête au Sénat une négligeante « irresponsabilité ». Deux avis entièrement partagé par Apis Sapiens.