L’utilisation des pesticides a une incidence sur la faune, la flore et l’Homme dont bien entendu les agriculteurs, en première ligne face aux effets de ses substances. Les pesticides, c’est 60 000 tonnes épandues en 2014, soit 9% de plus qu’en 2013, alors que ces molécules sont de plus en plus suspectées d’être cancérigènes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un rapport sur les conséquences de «  l’exposition professionnelles aux pesticides en agriculture ». Les conclusions de celui-ci, après avoir été présentées au Ministère de l’agriculture en avril, devait être restituées le 22 juin. Comme d’autres précédemment, cette réunion a été ajournée, à croire que ce sujet dérange. Le Monde a pu consulter le volume central, on vous en parle.

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Ce rapport dénonce dans un premier temps le manque de données scientifiques fournies par les industriels de l’agriculture, qui lors de l’homologation de leurs produits, font des études qui ne sont jamais publiées dans des revues scientifiques, car souvent trop faibles et ne reflétant pas l’éventail des situations réelles de terrain. De plus, les préconisations d’utilisation pour ces produits sont très difficiles à mettre en place par les agriculteurs, l’efficacité des vêtements de protection est mise en doute et certaines restrictions sont trop faibles. Un manque de prise en considération de la santé des agriculteurs et de la population est donc mis en avant. Il reste tout de même compliqué de faire valoir le rôle des pesticides dans des pathologies chroniques. La sécurité sociale agricole (MSA) n’a admis que 47 maladies professionnelles de ce type sur une centaine de dossiers présentés.

Lorsque l’on connait les risques des pesticides sur l’Homme et en particulier les agriculteurs, on se demande pourquoi ces produits sont encore utilisés. Le Ministère de l’Agriculture dit vouloir faire baisser l’utilisation de ces molécules, en finançant un projet de « Certiphyto ». Mais ces certificats sont délivrés par des prestataires en tout genre. Par exemple, en Gironde, ceux-ci sont délivrés par un organisme vendant des pesticides voyant ceci comme « un bon moyen de nouer des contacts commerciaux ».

Les conclusions de ce rapport sont donc que les agriculteurs sont mal informés, mal protégés, mal soignés et que l’Etat n’est pas actuellement prêt à mettre en place de réelles solutions pour faire bouger les choses et nous permettre d’avoir un environnement plus sain pour l’Homme, la nature et nos amies butineuses. Il est tout de même possible, à notre niveau, de prendre soin de nous et de ce qui nous entoure. Nous en avons fait un kit éco-citoyen où vous trouverez comment manger mieux et soutenir une agriculture qui respecte la vie.