Année faste pour le secteur de l’agrochimie, qui a vu la consommation de produits phytosanitaires augmenter de presque 10 % en France, 2014 demeure une année noire pour l’environnement. Un terrible constat qui oblige aujourd’hui le gouvernement à agir. D’une part en mettant fin à l’accroissement de l’usage des pesticides, d’autre part en encourageant certains exploitants agricoles à se tourner vers le bio.

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Les géants de l’agrochimie doivent se frotter les mains. Et pour cause, la consommation de pesticides chez les agriculteurs français est nettement en hausse ces dernières années. C’est ce que nous apprend un rapport délivré le 8 mars dernier par le ministère de l’agriculture. Et les chiffres sont loin d’être rassurants. Déjà en augmentation de 9 % en 2013, la consommation de produits phytosanitaires s’est de nouveau accentuée de 9,4 % lors de l’année 2014. Comme si la situation n’était pas assez inquiétante, ces chiffres ne prennent pas en compte l’usage des néonicotinoïdes qui, cela n’est un secret pour personne, font partie intégrante de l’agriculture de notre pays. Concernant le volume brut des ventes de produits phytosanitaires, le constat est malheureusement encore plus alarmant puisque celui-ci s’est accru de 16 % de 2013 à 2014.

Afin d’anticiper et de contrer cette tendance, le plan Ecophyto avait été mis en place dès 2009 par le gouvernement. Son objectif principal était clair : réduire de moitié la consommation d’herbicides, fongicides et insecticides d’ici 2018. Un espoir somme toute un brin utopique. Son petit frère, le plan Ecophyto 2, apparaît quant à lui plus raisonnable. Prévu pour ce printemps, il envisage une réduction identique de l’usage de ces produits, mais à l’horizon 2025. Plus adapté au contexte actuel, il coûtera cependant près du double que son prédécesseur (71 millions d’euros contre 40).

Renverser la tendance a donc un prix. Un investissement loin d’être rentabilisé à la vue du rapport mentionné ci-dessus. Tous ces efforts seraient-ils alors vain face aux nécessités de « rendement » ? Un mot qui aujourd’hui obsède la majorité des agriculteurs français. Paradoxalement, les exploitations céréalières s’avèrent moins productives qu’en 2009. Cela n’empêche pourtant pas la France d’être le deuxième consommateur de produits phytosanitaires en Europe, juste derrière son voisin espagnol. Une performance peu reluisante, qui pourrait néanmoins être freinée par Dephy. Dephy est un réseau mis en place en 2012 et a pour but de rassembler des fermes souhaitant utiliser des modèles se basant sur l’agro-écologie. Totalisant actuellement près de 1 900 exploitations, Dephy espère voir ce chiffre doubler, tripler, et même plus à l’avenir grâce au soutien d’Ecophyto 2. Des espérances pour l’heure peut-être trop optimistes, même si le bio compte chaque jour plus d’adeptes.