Le Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux Sèvres, a restitué les résultats annuels de son laboratoire. Selon eux, le rendement économique des céréaliers peut être augmenté en divisant par deux la quantité d’herbicides et d’engrais répandus, et sans que ces derniers ne soient remplacer par quoi que ce soit ! (Le Monde)

Vigne-Fleurie-sauvages

Source

Ce Centre d’études, constitué de chercheurs du CNRS, du CBC et de l’Université de la Rochelle, travaille depuis 20 ans sur « zone atelier » de 450 km², qui recouvre 400 exploitations agricoles et plus de 15 000 parcelles. Des études en lien avec les agriculteurs sont mises en place autour du paysage et des relations entre la biodiversité et les exploitations agricoles.

Moins d’herbicides et d’engrais pour une meilleure récolte

Ces chercheurs travaillent actuellement sur l’influence des engrais azotés et des pesticides sur l’environnement. Des études sur ces pratiques agricoles ont déjà été effectuées mais jamais en plein champ. Les résultats obtenus ne sont donc pas représentatif de la réalité du terrain.  Les engrais sont utilisés pour avoir plus de rendement et les herbicides pour avoir moins d’adventices (« mauvaises herbes »). Le problème est que les engrais entrainent également une augmentation de la croissance des adventices.

En 2007, une première étude montrait qu’une baisse importante d’herbicides n’avait pas d’influence sur les rendements. En effet, les herbicides utilisés feraient « baisser la diversité d’adventices en détruisant bien plus les espèces rares que les espèces communes qui portent, elles, préjudice aux cultures », selon Vincent Bretagnolle, président de la zone atelier.

Pour ce centre d’étude, une baisse des engrais et des herbicides pourraient entrainer une baisse des dépenses pour les agriculteurs et leur permettrait tout de même d’avoir de bons rendements.

Fleurs, abeilles et Homme sont interdépendants

Une étude a également vu le jour autour de nos amis pollinisateurs. Sur 50 ruches, différents paramètres ont été analysés comme la mortalité, la démographie, la taille du couvain, la production de miel, la présence de pathogènes et le type de nectar récolté. Cela a montré que les pollinisateurs, dont les abeilles avaient besoin de plantes sauvages pour nourrir leur colonie entre la floraison du colza et du tournesol. Sans ces adventices, les abeilles se retrouvaient en carence alimentaire. Cette perte d’abeilles domestiques et sauvages entrainerait une baisse de rendement de 20% pour le tournesol. Il est donc une fois de plus décrit que les abeilles et les fleurs ont besoins les unes des autres pour survivre, mais aussi que l’Homme en a besoin afin d’assurer une meilleure récole.

Le paysage : une complexité à ne pas oublier

Les caractéristiques d’un paysage ont une grande influence sur l’environnement. Par exemple, les chercheurs de cette zone d’étude ont montré qu’une parcelle en bio pouvait avoir une influence positive sur une parcelle adjacente en conventionnelle. De plus, l’histoire agricole d’un paysage est importante pour comprendre ce qui s’y passe aujourd’hui. En effet, il a été trouvé des traces de certains néonicotinoïdes dans des végétaux n’y étant directement exposé mais ce trouvant dans une parcelle qui avait été traité par cette molécule il y a quelques années. Cela est inquiétant et montre bien le manque de données scientifiques sur les réelles atteintes qu’ont les néonicotonoïdes sur l’environnement.

Des études se mettent donc en place afin de comprendre comment l’Homme et la Nature peuvent coexister. Ce type de recherche expose en plein jour la présence de pratiques alternatives simples à mettre en place. Si les décideurs pouvaient mettre le nez dans ces recherches et entendre la voie de chercheurs proches de la réalité et de la terre, les abeilles pourraient voir le bout du tunnel.