En 2012,  un article du Monde revenait sur les multiples scandales sanitaires engendrés par Monsanto au cours des dernières décennies. Lui attribuant une image plus qu’écornée, ces déboires plongent aujourd’hui la mutinationale dans une situation économique délicate comme nous l’apprend le quotidien. Contraignant le géant de l’agro-industrie à se passer d’une partie conséquente de ses effectifs, cette conjoncture douloureuse ravit cependant l’ensemble de ses opposants. 

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La lutte des protecteurs de l’environnement contre Monsanto commence à porter ses fruits. 

A l’origine spécialisée dans la chimie, Monsanto a élargi son champ d’action au fil du XXème siècle et demeure à présent l’un des principaux semenciers de la planète. Cette ascension ne s’est néanmoins pas éffectuée sans encombre. Nombre de scandales et autres procès ont été l’oeuvre de la compagnie lors du demi-siècle dernier. Dès le crépuscule de la Seconde Guerre mondiale, son histoire fut entâchée d’un premier désastre quand l’une de ses usines de plastique explosa dans la ville de Texas City, provoquant alors la mort de 500 hommes. Il en fut de même deux ans plus tard, en 1949, lorsqu’une deuxième de ses usines partit en fumée en Virginie. Provoquant des troubles cutanés graves auprès de 200 ouvriers, l’accident révéla que le produit phare de la marque contenait un taux élevé en dioxines, des substances chimiques toxiques et même cancérigènes. Ces deux événements tragiques ne constituaient malheureusement à l’époque que les prémices d’un mal qui allait s’étendre sur plusieurs générations. C’est pourquoi plus récemment, en 2001, Monsanto dut faire face à la gronde de près de 3600 habitants de la ville d’Anniston en Alabama. Ces derniers accusaient la multinationale de les avoir contaminés au PCB – un polluant là-encore cancérigène, et ce en toute conscience de cause. Pendant près de quarante ans, elle dissimula effectivement le fait qu’elle avait déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert d’un quartier noir de la ville. Un acte inhumain sachant que « des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s’ils avaient été bouillis vivants ». Jugée coupable l’année suivante, la firme fut condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à prendre en charge le nettoyage d’Anniston. Toutefois, aucun responsable ne fut sanctionné de peine de prison. Ces exemples regrettables ne représentent pourtant qu’une partie de la mutitude d’affaires ayant confronté Monsanto à la justice. Agent orange, OGM, Roundup, toutes ces créations « made in Monsanto » ont valu des dizaines de procès à la marque, de simples dommages collatéraux qui ne semblaient jusqu’alors pas avoir de répercussions néfastes sur son dynanisme et son expansion. La donne s’avère cependant être toute autre à l’heure actuelle. Devant faire face à des chiffres en baisse, le groupe à dernièrement annoncé qu’il supprimerait 2 600 postes – soit près de 13% de ses 20 000 employés à travers le monde – dans les 24 mois à venir. Destinée à économiser entre 275 et 300 millions de dollars, cette décision intervient suite à la chute de ses actions et de ses bénéfices. Les détracteurs de Monsanto – dont les membres d’Apis Sapiens sont les plus fervents ! – peuvent dès lors se réjouir de la situation, d’autant plus que l’abeille joue indirectement un rôle dans l’essoufflement du géant américain. Mis en cause dans la mortalité de l’espèce, l’usage de son herbicide vedette Roundup s’est peu à peu vu proscrire dans certains pays ces derniers mois, un soutien pour l’environnement et une claque pour Monsanto.