Afin d’enrayer la perte vertigineuse d’abeilles dans nos campagnes, certains testent de nouvelles solutions afin d’adapter les abeilles aux nouveaux périls environnementaux auxquels elles font face (un peu à cause de nous, vous vous en doutiez). Mais ne serait-ce pas prendre le problème à l’envers ? (sources : RTL et France 3).

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L’être humain, super héros des abeilles : ça ferait plaisir, et pourtant… source

Dans le Var, une équipe de chercheurs développent une solution pour que les abeilles ne disparaissent pas de nos campagnes. Pour cela, ils travaillent sur 800 ruches afin de sélectionner les reines les plus résistantes aux maladies et créant des colonies les plus productives de miel. Ces reines sont ensuite inséminées par de faux-bourdons (abeilles mâles) eux-mêmes sélectionnés sur leur aptitude à résister à un environnement de plus en plus contraignant. L’objectif est d’obtenir des abeilles armées contre les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans une nature, particulièrement les campagnes et espaces agricoles sans cesse bouleversés et remodelés par l’être humain. 

Mais cette démarche ne prend-elle pas le problème à l’envers ? Adapter les abeilles et la nature à l’homme, est-ce bien le plus cohérent ? Les abeilles et leurs ancêtres se sont naturellement adaptées à leur environnement durant des millions d’années et il faudrait à présent forcer le jeu de la nature ?

Car en effet, ces « super abeilles » devront, si les pratiques agricoles et la gestion des territoires ne sont pas modifiées, sans cesse être perfectionnées et répondre à de nouvelles problématiques de plus en plus extrêmes. Le monde actuel nous le montre : à vouloir adapter la nature, on la fait dépérir. Ne serait-ce donc pas une erreur de vouloir modifier ceux qui sont détruits plutôt que ceux qui détruisent ?  

Actuellement, après avoir sélectionné des animaux pour leur viande, leur lait, leur laine, nous essayons de revenir vers des espèces plus rustiques, plus adaptées aux territoires. Pourquoi ? Pour avoir des produits plus authentiques, plus savoureux et qui représentent des valeurs qui nous sont chères comme faire travailler des producteurs locaux ou valoriser des pratiques agricoles respectueuses de nos territoires. Dans cette quête à l’abeille la plus productive et la plus résistance, ne sommes-nous pas en train d’oublier la diversité, le goût, le soin, ou tout simplement, la qualité de vie ?

Si la disparition des espaces naturels et la présence de pesticides en tous genres nuit aux abeilles au point qu’il faille les modifier, les sélectionner et réduire la diversité, le même problème ne risque-t-il pas par se poser pour d’autres espèces, l’être humain compris ? Il semble bien qu’adapter la nature soit moins une solution qu’une fuite en avant destinée à nous éloigner des vrais constats et des véritables solutions. Bien sûr qu’en attendant, le travail de cette équipe de chercheurs dans le Var est une nécessité pour des apiculteurs toujours plus en détresse : mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit non d’un remède mais d’un paliatif face à un problème de dégradation de l’environnement qui menace nos vies ?